DHAULAGIRI – 2012

Après le massif des Annapurnas (en 2004, 2005, 2007 et 2011) et celui du Manasalu (2010), le Daulagiri est le troisième massif culminant à plus de 8000 d'altitude dont nous explorons les canyons.  Nous avions pour objectif cette année d'ouvrir au moins 3 courses repérées en novembre dernier par des membres de l’équipe lors d’un repérage. Il s’agissait également de faire le point avec les autorités népalaises sur les retombées des 2 évènements internationaux mis en place l’année dernière sur le tour des Annapurnas par la Nepal Canyoning Association (NCA, fédé locale de canyon) et l’Himalayan Canyon Team : l’expédition « Chamje Khola : ouverture du plus gros canyon du monde » et le 10ème Rassemblement International Canyon.

Direction ensuite Pokara, a 6h de bus, où nous avons préparé la logistique pour la session d’ouverture, engagé des porteurs et rechargé un peu les batteries. Le lendemain, départ en bus  pour Béni (8 canyoneurs + 5 porteurs), puis en jeep pour Darbang, bout de la piste et début du trek sauvage du tour du Daulagiri. Histoire de vous donner une idée, nous avons mis 8 heures pour faire 150 km… De Darbang, 1 journée et demi de marche pour rejoindre Boghara (4 maisons et 20 habitants), notre camp de base, au pied du Manapathi, crête du Daulagiri culminant a 6390m d’altitude.

De Boghara nous avons ouvert Khamo et Jeltung Khola cumulant chacun 300 m de dénivelé et présentant de très beaux enchainements de cascade (max 40m), même si le débit dans Jeltung était un peu bas. Nous avions également prévu d’ouvrir Amarke Khola, un beau bébé de 400m de dénivelé prenant sa source sur les contreforts du Manapathi. Engagés et techniques, ses amonts sont visibles depuis le chemin du trek, en l’occurrence une énorme cascade distante de 1 ou 2 km à vol d’oiseau se formant juste en dessous d’un glacier bien visible, à 5000m d'altitude. Température de l’eau : 6°… Un canyon engagé et encaissé, une eau glaciale, une orientation plein ouest (ce qui veut dire peu de soleil) et un enchainement de cascades visiblement technique et aérien… L’équipe manquait d’expérience pour se lancer dans l’ouverture de ce canyon. "Pas là pour se mettre také" comme on dit dans le milieu… Nous avons donc suivi la voix de la raison et sommes redescendus vers le bas de la vallée pour ouvrir Chaari Khola, aux dimensions plus modestes (250m de dénivelé) mais très esthétique.
 

Nous sommes ensuite rentrés à Pokara, puis a Katmandou, en 3 jours. Retour à la « civilisation »…En tout, nous avons passé 17 jours en montagne, cohabitant à 14 dans un confort spartiate mais au milieu de décors à couper le souffle. Nous projetions d’ouvrir 3 canyons et 900m de dénivelés : à 50m près, la mission est remplie ! Le secteur est magnifique, très sauvage et prometteur car nous avons repéré au moins 3 autres courses à ouvrir, de dimension modeste, excepté Amarke Khola. Après cette première expérience, l’équipe est désormais prête à s’attaquer à cette course technique, surement l’année prochaine…

 

Encore une expérience humaine et sportive d’une rare intensité donc, immergés au cœur des montagnes népalaises au milieu de somptueux paysages  et entourés de gens d’une rare gentillesse. Que du bonheur donc !


L'équipe HCT 2012 : Yann Ozoux, William Stenou, Jean Paul Cabrerizo, Mathieu Desdevises, Guillaume Farges, Johanna Cabrerizo, Hervé Soulier, Glenn Aoustin, Micheline Pastor et Bhopal.